« Lorsque j’étais enfant, on m'apporta un jour une perdrix. Cette perdrix adorait le son du tanbur. Dès que je prenais mon instrument, elle se posait tout près de moi et peu après, enivrée par la musique, elle se mettait à chanter, elle agrippait ma main et la picotait de son bec ; cette ivresse la mettait dans tous ses états.
La nuit, elle dormait sur une étagère de ma chambre. Un matin de bonne heure, alors que je voulais me rendormir, elle se mit à chanter. Je la grondai pour la faire taire. Aussitôt, elle baissa la tête, attristée, et se tut. Par la suite, lorsqu'elle se réveillait le matin tôt, elle se posait au bout de mon lit, tirait légèrement la couverture de côté et pépiait un peu. Si je ne réagissais pas, au bout de deux ou trois tentatives elle comprenait que je dormais et s'en allait. Sinon, si je lui disais « Mmmh, quelle jolie voix ! », elle se mettait à chanter. »
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« L’éthique est l’essence même de la grandeur d’âme. C’est pour cette raison qu’il faut en connaître toutes les subtilités. Il y a quelques années, je fus invité chez un ami avec quelques autres personnes dont un certain K, un Monsieur très respecté dans sa région. Au cours de la soirée, on lui apporta un tanbur et il joua quelques airs de façon sommaire et fade. Un des convives, M. Gh., qui connaissait la réputation de mon jeu au tanbur, insista pour que je joue à mon tour. Mais je refusai pour ne pas embarrasser K. Celui-ci pensa que je n'osais pas jouer après lui par crainte de la comparaison. Mais malgré cela je ne jouai pas, car s'il m’avait entendu jouer, il se serait certainement senti humilié... Devenir savant, comme c'est facile ! Devenir humain, comme c'est difficile ! »
(Extraits de Paroles de Vérité) |