L'homme

La pensée

Ressources
Galerie

L'œuvre   Accueil
Plan du siteRechercheContact

  Introduction Les écrits L'enseignement  
Présentation Témoignages Extraits musicaux

La musique d’Ostad Elahi plonge ses racines dans une tradition musicale demeurée secrète pendant plusieurs siècles. Il s’agit d’une musique originale et singulière, qui se démarque des catégories auxquelles nous sommes accoutumés. Jusqu’à une date récente, cette musique était jouée uniquement dans un contexte de prière et de contemplation. Ostad Elahi lui-même ne jouait jamais en public : il pratiquait la musique dans un but de recueillement, soit seul, soit dans le cadre de réunions restreintes, familiales ou amicales. Les enregistrements qui nous restent de lui ont été réalisés vers la fin de sa vie dans des conditions très précaires, et quasiment à son insu. Ils totalisent environ 40 heures, et ont été en partie édités après sa disparition. Toutefois, son art a marqué profondément ceux qui ont eu l’occasion de l’entendre jouer, parmi lesquels quelques musiciens et artistes de renom (voir témoignages).

Le luth tanbûr

"Le son du tanbûr et de certains instruments ressemblent un peu aux sons célestes […] D’où vient ce son ? Il vient du Bien-Aimé." Si l'oreille de l'âme est éveillée, elle décèle dans le son de ces instruments des secrets qui ne sont pas perçus par ceux s’arrêtent aux apparences. [Paroles de Vérité tome 2, p, 258]

En Orient, le terme tanbûr désigne une catégorie de luths très populaires de tailles, de proportions et de sonorités variées, dont le manche est plus long que la caisse. La sonorité sobre de l’instrument, tantôt sèche, tantôt plus douce, a quelque chose d’immatériel, d’abstrait, voire d’ascétique, qui le destine à la musique sérieuse. En Iran, le tanbûr faisait partie des instruments joués à la cour des Sassanides aux Ve et VIe siècles. Plus tard, il fut adopté par certaines confessions religieuses kurdes comme instrument sacré accompagnant les chants et les danses des assemblées rituelles.

L’art musical d’Ostad Elahi

Ostad Elahi a appris à jouer le tanbûr dès son plus son âge. Dans son milieu d’origine, et tout particulièrement dans sa famille, se perpétuait une antique tradition de chants et de mélodies mystiques accompagnés ou joués au tanbûr. Enfant prodige, il a assimilé rapidement ce répertoire, mais aussi ceux des régions avoisinantes. Afin de développer le potentiel de l’instrument, il a mis au point des techniques de jeu nouvelles utilisant les cinq doigts de chaque main. On lui doit notamment l’invention du mouvement roulant de la main droite, dont l’usage s’est depuis largement généralisé. Pour étendre la palette expressive de l’instrument, il en a doublé la première corde, et cet usage s’est également imposé après lui.

Il y a deux choses pour lesquelles je n’ai jamais épargné mon temps : la voie et la musique spirituelles. [Paroles de Vérité, tome 1, n° 2034]

Parmi les autres contributions majeures d’Ostad Elahi à l’art du tanbûr, il faut mentionner la constitution d’un répertoire comprenant plus d’une centaine de pièces. Du point de vue de la richesse de composition et de l’ornementation, ce répertoire est sans commune mesure avec ce qui existait auparavant. Par ailleurs, Ostad envisageait ce répertoire davantage comme une base pour l’improvisation, art dans lequel son génie se déployait avec une liberté jamais atteinte dans ce type de tradition musicale.

A travers toutes ces innovations, Ostad Elahi a profondément ravivé, et même transcendé, une tradition musicale ancienne. En regard de sa contribution importante à l’art du tanbûr (modification des caractéristiques de l’instrument, développement considérable de la technique de jeu), il n’est sans doute pas exagéré de le considérer comme le véritable créateur de cet art. Grâce à lui, une tradition populaire au répertoire limité et dispersé s’est transformée en une musique savante.

Le rôle de la musique selon Ostad Elahi

Parallèlement à sa pratique musicale, Ostad Elahi a développé une réflexion sur le rôle de la musique dans la relation qu’entretient l’âme au Divin : sur le chemin qui doit la ramener à son Origine, l’âme trouve dans la musique une nourriture qui renforce son ardeur, en même temps qu’un moyen de communiquer avec le Créateur.

Il ne faut pas limiter la musique à un usage purement esthétique et la considérer uniquement sous son aspect technique. L’essentiel est d’entendre ses résonances célestes. Il faut considérer la musique comme un moyen de communication spirituelle, et non comme un but en soi. [Paroles de Vérité, tome 2, p. 296]

Si la musique possède une dimension technique et esthétique accessible par l’effort et la persévérance, elle possède également une dimension spirituelle d’où elle tire son effet le plus profond. Selon Ostad Elahi, de tous les facteurs qui contribuent à l’impact de la musique sur l’âme, le plus déterminant est la personnalité de l’artiste. Si ce dernier parvient à se détacher des contraintes de la technique pour pénétrer en lui-même et porter son attention vers la source divine, il peut capter et communiquer quelque chose de la beauté du Créateur.

Si on la joue dans une intention divine, la musique spirituelle est le fil qui relie à la Source. [Paroles de Vérité, tome 2, p. 215]


Pour en savoir plus, voir Conférence : La musique d'Ostad Elahi par Jean During

haut www.ostadelahi.com    Site officiel d'Ostad Elahi    Tous droits réservés © 1995-2008